The Lone Ranger

Par dans Chroniques, Cinéma le 2 septembre 2013

Flop aux Etat-Unis, The Lone Ranger vaut mieux que cette réputation de film n’ayant pas rencontré le public. Il serait plus juste de dire que Lone Ranger – héro positif et tellement US – n’a pas rencontré ses compatriotes. Les raisons en sont évidentes.

Tout d’abord, les méchants sont si bien rendus qu’ils rendent crédible cette Amérique pourrie, dépravée par ceux-là même qui devraient faire sa prospérité. Les entrepreneurs y ou de vils spéculateurs pêts à mettre un pays à genou pour étancher leur cupidité, soit de doux crétins égoïstes assis sur des tas d’or hérités de leurs pères. Voilà qui doit rappeler de forts mauvais souvenirs à beaucoup d’Américain, même cultivés.

Massacre

Les autres, bigots aculturés et nationalistes, ne sont pas oubliés: Dieu n’écoute pas les – forts peu nombreux – personnages caricaturaux qui le prient, tandis que l’armée – dernier rempart du patriotisme – plonge des deux mains dans les combines et vend son âme aux méchants.

Dans une scène d’une rare violence, un officier massacreur d’Indien et psalmodieur de la parole divine, prend même fait et cause pour les assassins accapareurs. Plutôt que de s’avouer [pullquote align= »right »]Kemosabe ? Ca veut dire: le mauvais frère[/pullquote]qu’il a participé au « massacre des saints innocents » comanches  faussement accusés de crimes, il bascule du côté obscur, emmenant ces hommes et la dignité de l’Amérique avec lui.

On nous fait les poches

Bien sûr, la morale est sauve, les mauvais châtiés et les valeurs familiales triomphent. Mais alors que durant 1h30 le film hésite entre humour crépusculaire et grincements de dents, le happy end est mené comme un dessin animé, faisant sauter trains, révolvers et héros immortels comme des grenouilles de dessin animé sur l’air tressautant de l’ouverture de Guillaume Tell.

Johnny Depp est Tonto, l'Indien pas si fou.

Johnny Depp est Tonto, l’Indien pas si fou.

La ficelle est si grosse que personne ne croit à cette fin cartoonesque ajoutée par Gore Verbinski pour caresser l’industrie du cinéma dans le sens du poil. Le simple pékin, lui, a bien senti que l’armée, les financiers et les accapareurs s’étaient unis pour lui faire les poches. Et c’est une chose qu’il n’a pas – encore – envie de voir.

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