Opération Ebola: des soignants en détresse - HUG

Opération Ebola: des soignants en détresse

Par dans GHI le 10 décembre 2014

Fermeture de lits, formation dans l’urgence, opération marketing… la prise en charge du patient atteint d’Ebola a laissé des traces chez les soignants des HUG.

«Les soins intensifs sont un service en souffrance. Il y manque en outre chroniquement du personnel. Dans ces conditions, y amener un patient atteint d’Ebola n’était pas raisonnable.» Ces propos rugueux de David Andenmatten, responsable syndical SSP aux HUG, sont l’écho du ressentiment qui touche une part du personnel qui a entouré le médecin cubain atteint d’Ebola.

L’opération Ebola est plutôt une opération de marketing des HUG menée au détriment du personnel.DAVID ANDENMATTEN, responsable syndical SSP

Lits fermés

«Le surcroît de travail engendré par l’arrivée de ce patient a entraîné la fermeture de six lits des soins intensifs», témoigne un soignant. «Ce patient était officiellement le plus important de l’hôpital, au détriment des autres», grince-t-il encore.

Un énervement partagé par une membre du personnel médical qui relève que « si les procédures étaient détaillées, la formation – elle – a été menée tambour battant, en urgence, peu avant l’arrivée du malade». Pour elle, «le plus incroyable a été la prise en charge elle-même. Ce patient n’a eu à aucun moment besoin de soins intensifs. Les mesures de protection visaient à protéger le personnel, pas le malade!»

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Quant au lieu choisi, «on a claironné qu’il s’agirait d’un bâtiment isolé alors qu’il était dans une partie de notre service spécialement équipée et réservée», relève encore le soignant.

Des propos qui ont également été rapportés au syndicat, confirme David Andenmatten mais que nuancent les HUG (lire l’encadré). Pour M. Andenmatten, l’opération Ebola est ainsi «plutôt une opération de marketing des HUG menée au détriment du personnel».

HUG : Nous avons fait ce qui s’imposait

CAA – Pour Sylvia de Meyer, responsable de la communication des HUG, le choix des soins intensifs pour accueillir ce malade ne fait pas débat : «Cela s’imposait, l’état de santé du patient étant imprévisible. Par ailleurs, c’est le seul service de l’hôpital qui dispose de chambres à pression négative.»

Madame de Meyer précise en outre que «de nombreuses personnes formées en soins intensifs sont venues renforcer et aider les équipes. » La responsable concède que des lits ont dû être fermés aux soins intensifs. «Toutefois, assure-t-elle, il s’agissait de lits en soins intermédiaires. La capacité d’accueil a été maintenue via les autres unités de soins intermédiaires des HUG.»

Côté formation, les HUG «ont formé les superviseurs en septembre. Mi-octobre, ce fut le tour du personnel des soins à raison d’une dizaine de personnes 3 à 4 fois par semaine. A l’arrivée du patient, la grande majorité du personnel nécessaire était formé».

Enfin, le soupçon d’un coup marketing mené par les HUG est écarté: «Nous n’avons pas eu le choix. La Confédération a accepté la demande de l’Organisation mondiale de la santé puis demandé, via le médecin cantonal, aux HUG de prendre en charge un patient.

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