Portes ouvertes à l’Usine: un conseiller municipal refoulé

Par dans Politique le 8 novembre 2015

Samedi dès 14h, l’Usine invitait les Genevois à visiter le centre culturel autogéré. Tous les Genevois? Pas tout à fait, puisque le conseiller municipal MCG Jean-Philippe Haas affirme avoir été prié de faire demi-tour. [edit: dimanche 8 nov., complété avec la réaction de Greta Gratos]

L’invitation de l’Usine stipulait pourtant, dans un bel élan lyrique: «Nous ne sommes pas des sauvageons, des barbares, des enfants gâtés. Nous sommes créatifs et nous sommes ouverts.» Ouverts?

«Les permanents m’ont interdit l’entrée, me traitant de xénophobe, de raciste, de nazi.»

«Comme Genevois, j’étais invité. Comme conseiller municipal, j’ai en outre reçu le mail d’invitation d’Albane Schlechten, élue socialiste et ancienne permanente de l’Usine», relève Jean-Philippe Haas, également membre de la commission de la culture. «Je désirais voir en particulier les modifications apportées à l’isolation phonique, des travaux effectués suite à une décision du Municipal à laquelle j’avais adhéré.»

Portes ouvertes de l'Usine: un conseiller municipal refoulé

Affiche annonçant les portes ouvertes de l’Usine

«Les permanents m’ont interdit l’entrée, me traitant de xénophobe, de raciste, de nazi. Ils ont ajouté que les représentants PLR, UDC, PDC et MCG n’étaient pas les bienvenus après leur décision du 28 octobre de geler la subvention à l’Usine tant qu’elle ne respectait pas la nouvelle législation cantonale en matière de débit de boisson.»

«Leur comportement est tout simplement aberrant. Je n’ai jamais demandé de diminution des subventions en faveur de l’Usine. Je n’ai jamais voulu sa fermeture. Je pense d’ailleurs que cet espace est important pour les jeunes. Il doit seulement être contrôlé et mis en conformité avec la loi. Mais après cette rebuffade, comment voulez-vous que je vote des subventions en faveur d’un établissement dans lequel je n’ai pas le droit d’aller?»

Mauvaise foi dénoncée par l’Usine

Côté Usine, on regarde les déclarations de M. Haas avec perplexité et lassitude: «Nous lui avons fait savoir qu’il n’était pas le bienvenu, mais que s’il tenait à entrer, il pouvait le faire», relève Greta Gratos, figure incontournable de l’Usine. «Malgré son appartenance politique et les insultes qu’il a personnellement lancées à notre égard en séance publique du conseil municipal, je ne lui ai nullement demandé de partir. Il a toutefois insisté pour dire que nous l’empêchions d’entrer.»

«J’avoue être lasse et fatiguée de toute cette mauvaise foi bien éduquée […].»

Elle précise en outre avoir accueilli dans un groupe de visiteurs un autre élu MCG. Membre fondateur du centre culturel autogéré genevois, Greta ajoute, désabusée, «j’avoue être lasse et fatiguée de toute cette mauvaise foi bien éduquée qui cherche à faire perdre pied et patience à l’adversaire… pour ne pas avoir l’air d’être l’agresseur.»

Epuisement
«Je suis passablement épuisée par ces débats qui focalisent toute leur attention sur une malheureuse autorisation d’exploitation qui nie un fonctionnement qui marche parfaitement bien depuis plus de 26ans», relève encore Greta Gratos.

«Nous ne sommes pas parfaits mais nous n’avons pas pour habitude de travestir les faits et je doute qu’on puisse nous imputer quelque mensonge que ce soit.»

Plainte en vue

M. Haas se demande quant à lui s’il existe désormais à Genève, «des espaces de non-droits dans lesquels la loi n’a plus court? On peut ne pas aimer ce que je représente, me détester, je peux le comprendre. D’ailleurs, je ne vais pas aller faire la fête avec eux. Mais il y a un minimum de respect à avoir vis-à-vis des lois.»

«Après tout, si l’Usine tient à mépriser la Ville et l’Etat, elle n’a qu’à prendre modèle sur la Rote Fabrik zurichoise, qui refuse toute subvention tout en respectant la loi.»

Le conseiller municipal se réserve la possibilité de porter plainte contre le centre autogéré. En 2011, il avait déjà été prié de quitter les lieux alors qu’il buvait un verre dans l’un des bars. Après un échange entre avocats, l’affaire s’était réglée à l’amiable.

3 thoughts on “Portes ouvertes à l’Usine: un conseiller municipal refoulé

  1. 1

    Des gens qui se font refouler dans des boites de nuit et autres établissements il y en a tous les soirs, lamentable de pleurnicher auprès de la presse et de vouloir porter plainte.

    • 2

      La grosse différence c’est que ces établissements ne reçoivent pas de subventions étatiques, ça fait toute la différence.

  2. 3

    Ce monsieur aime le rôle de victime. Au lieu de les aider à sortir de cette impasse absurde et cet acharnement inutile. En suisse il faut de battre pour le peu de culture que des incultes veulent nous retirer.

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