Russie, Chine, Iran dopés à la propagande 2.0

Russie, Chine, Iran dopés à la propagande 2.0

Par dans Bilan, Commentaires, Politique le 19 novembre 2015

Une des nouveautés de la situation géopolitique actuelle est l’entrée dans le champ médiatique efficace de la Russie, de la Chine et dans une moindre mesure l’Iran.

Ces pays ont ainsi réussi à faire largement entendre à l’opinion occidentale leur point de vue propre sur la situation géopolitique actuelle.

«Russie, Chine, Iran dopé à la propagande 2.0» est paru en version raccourcie dans Bilan (11.11.15).
Moscou – suivie par Pékin et Téhéran – a compris et appliqué de manière forte et subtile la doxa communicationnelle moderne. Elle reprend les codes du journalisme à la mode: rapide, ne reniant pas l’ironie et mélangeant ingénieusement information et divertissement.

La chaîne de télévision russe RT, transformée en agence de presse globale très active sur le web, diffuse ainsi un service gratuit en français de très bonne facture. Elle ne se borne pas à l’actualité russe, mais exprime le point de vue russe sur l’entier de l’actu mondiale.

Parallèlement, le site web global Sputnik se charge d’être le fournisseur d’informations dites «alternatives», aux sources parfois incertaines, mais toujours passionnantes et agréablement russophiles.

Enfin, un réseau serré de blogs tenus par des intellectuels, des activistes, des journalistes occupe le champ médiatique médian, situé sur les réseaux sociaux.

«Ecoutez! Nous construisons un monde différent du vôtre.»

Dans le public, l’impact est fort. D’abord parce que la Russie n’est plus la casemate communiste impénétrable qu’elle était. De nombreux Occidentaux ont noué – ces 30 dernières années – des liens durables avec l’est de l’Europe. Difficile pour eux de reconnaître ce pays au travers du prisme utilisé par les médias locaux.

On ajoutera également les fans de Vladimir Poutine. Les mêmes qui professent une certaine nostalgie pour un état viril, un ordre public fort et aux objectifs premiers immédiatement discernables.

Ensuite, les médias traditionnels ont de la peine à s’extraire d’un ethnocentrisme dicté par la vision américaine du monde. Cette vision limitée des situations géopolitiques modernes inquiète une partie de la population qui a senti que le monde était devenu réellement multipolaire. Elle cherche d’autres regards et les trouve en Russie, en Asie, dans le monde persophone.

Car avec son agence de presse globale Xhinua, la Chine prend le même chemin, pavé d’infos internationales (avec correspondants à Bruxelles pour l’Europe), nationales et de photos de stars. De son côté, l’Iran essuie encore les plâtres de Sahar TV, émanation de la télé nationale IRIB, qui diffuse textes et images en français à destination exclusive de l’étranger.

Propagande que tout cela? En partie, oui. Mais il s’agit aussi de voix qui disent: «Ecoutez! Nous construisons un monde différent du vôtre.» Seuls ceux qui n’ont pas envie de faire partie du monde de demain feront la sourde oreille.

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