Les Urgences pédiatriques des Grangettes offertes aux HUG

Les Urgences pédiatriques des Grangettes offertes aux HUG

Par dans Bilan, Economie le 29 décembre 2015

Le bâtiment des urgences pédiatriques des Grangettes est passé sous le nez de la clinique. Propriétaire des lieux, la fondation Wilsdorf a décidé d’en faire don aux HUG.

C’est une des ces histoires abracadabrantesques dont Genève semble posséder le secret. En octobre 2009, la clinique des Grangettes ouvrait le plus grand service d’urgence pédiatrique privé de Suisse. Le bâtiment et ses équipements, estimés à 30 millions de francs, ont été financés par la fondation Hans Wilsdorf, par ailleurs propriétaire du groupe horloger Rolex.

Le bâtiment, signé par un duo d’architectes prestigieux, allie élégamment bois et verre. Pour le grand public, il accueille surtout un aquarium géant haut de dix mètres, courant sur trois étages et hébergeant quelque 800 poissons originaires du lac Tanganyika. Situé le long de la route de Chêne, il incarne désormais pour bien des Genevois, la clinique elle-même.

Les Urgences pédiatriques des Grangettes offertes aux HUG

L’aquarium géant des Grangettes vu du rez-de-chaussée. DR

Un symbole dont les Grangettes devront apprendre à se passer. La Fondation Wilsdorf a en effet transféré les parts de la société immobilière Route de Chêne SA, propriétaire des lieux, à l’Hôpital cantonal (HUG). Mais qu’est-ce qui a poussé à ce geste une fondation qui finance de nombreux projets d’utilité publique à Genève?

Action en justice

Selon nos informations, la brouille a pour origine une exigence de l’administration fiscale genevoise. Celle-ci refuserait de considérer la structure comme étant d’utilité publique, puisqu’elle est exploitée par un privé. Et les impôts de taxer la fondation Wilsdorf sur les revenus qu’elle pourrait tirer de la location de ces locaux.

Vue extérieure des Urgences pédiatriques des Grangettes. DR

Vue extérieure des Urgences pédiatriques des Grangettes. DR

Certains assurent que la Fondation s’est alors tournée vers Les Grangettes en leur demandant de payer au moins le montant des impôts demandés. La clinique aurait refusé, se prévalant des nombreux investissements consentis au fil des ans. D’autres soutiennent que la clinique s’est trouvée devant le fait accompli, une fois la donation faite aux HUG.

Car dans cette affaire, tout le monde avance masqué et les courriers d’avocats s’amoncellent. Certains enjoignent les parties au silence sous peine de poursuite. D’autres rappellent que les Grangettes disposent d’un pacte d’emption sur le bâtiment. Le don aux HUG pourrait donc être à terme frappé de nullité.

Vente ou location

Reste que l’Hôpital est désormais à la tête d’une structure pesant 30 millions au coeur même du «village médical» des Grangettes. La clinique dispose bien d’un droit d’usage jusqu’à fin 2018, mais qu’en feront les HUG après cette date?

Selon des sources autorisées, les Grangettes proposeraient un rachat à hauteur de 40 millions de francs. Cette manne serait certainement la bienvenue dans les caisses de l’Etat de Genève qui en est à chasser les millions pour boucler son budget. C’est toutefois compter sans le passé professionnel du directeur général des HUG, Bertrand Levrat.

A la tête de l’Hospice Général de 2004 à 2013, ce dernier a mené une politique de valorisation des immeubles appartenant à l’institution genevoise d’action sociale. En clair, il a toujours préféré encaisser des loyers – plus profitables à long terme – plutôt qu’effectuer des ventes sèches.

Pour l’heure, fondation Wilsdorf, HUG et Grangettes semblent irréconciliables. Une position d’autant plus grotesque que la pédiatrie des Grangettes a décroché tout récemment les meilleures notes de Suisse en matière de satisfaction des parents concernant la prise en charge de leurs enfants.

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