L'islam fantasmé

L’islam fantasmé

Par dans Bilan, Chroniques le 28 janvier 2016

Evoquer les musulmans, c’est ouvrir la boîte à fantasmes. Genève, où ils représentent officiellement 5% des résidents de plus de 15 ans, n’y échappe pas: prononcez le mot «mosquée» et le spectre du fondamentalisme se dresse dans les esprits.

«L’islam fantasmé» est paru dans l’édition papier de Bilan (20.01.2016).
Au premier abord, cette peur peut paraître fondée. Au Petit-Saconnex, les trois imams ont été formés en Arabie Saoudite. Ils professent la doctrine wahhabite à destination de leurs ouailles, celle-là même qui enseigne que tout ce qui ne vient pas de l’islam doit être rejeté et que les femmes sont des mineures placées sous la sujétion des hommes.

En considérant ces faits, peut-on tolérer que 18’000 résidents genevois soient mis sous la coupe d’intégristes prêchant que la religion passe avant la loi, de wahhabites enseignant que 50% de l’humanité est sous-humaine?

Ce serait oublier qu’à Genève, comme dans le reste de la Suisse, il n’y a pas de communauté musulmane. Les croyants sont éparpillés en petites chapelles et autant de lieux de culte. Les courants (abash, soufis, chiites, sunnites…) et les origines (Albanais, Marocains, Libanais…) les divisent fortement.

Au final, la mosquée et le Centre islamique des Eaux-Vives ne représentent qu’une fraction très limitée de croyants. Pour ceux qui ont connu les années 70, leur nombre est sans doute même très inférieur aux gauchistes révolutionnaires de l’époque. Le danger qu’ils représentent également.

Mais aujourd’hui, comme alors, c’est à une jeunesse révoltée, non intégrée et assoiffée d’identité que ces mouvements s’adressent en priorité. Leurs proies sont peu nombreuses mais, abandonnés, elles constitueront autant de bombes sociales.

(photo d’illustration, la mosquée genevoise du Petit-Saconnex – source: Wikimedia Commons)

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