On ne rejette pas ses collègues malhonnêtes s’ils ont du succès

On ne rejette pas ses collègues malhonnêtes s’ils ont du succès

Par dans Economie le 26 mai 2016

La Harvard Business Revue rend compte d’une étude qui montre que: pour autant que vous ayez des résultats au-dessus de la moyenne, vos collègues ne dénonceront pas vos manquements éthiques. Cette recherche pourrait  expliquer pourquoi la Société Générale n’a pas vu venir les dérapages de Jérôme Kerviel, ni UBS Genève ceux de Bradley Birkenfeld.

Ils contribuent à l’essor de la société et bénéficient donc d’un abonnement gratuit à la respectabilité.

Les chercheurs ont tout d’abord montré que les employés se livrant à des comportements contraires à l’éthique étaient plus susceptibles d’être socialement rejetés par leurs pairs. En l’ignorant, en quittant la pièce quand elle entre, en l’excluant des conversations, les collègues ont le pouvoir de signaler que les comportements contraires à l’éthique d’une personne ne sont pas acceptables et doivent être corrigés.

Abonnement à la respectabilité

Mais pour autant que ces employés ne fournissent pas des résultats au-dessus de la moyenne. En effet, l’étude met à jour un double standard: les employés malhonnêtes, mais très performants sont moins susceptibles d’être rejetés socialement par leurs pairs.

Pourquoi? Les scientifiques ont montré que puisqu’ils contribuaient grandement à l’essor à court terme de la société, ils bénéficiaient d’un abonnement gratuit à la respectabilité. A contrario, un employé malhonnête, mais aux résultats moyens est plus facile à ostraciser dans l’entreprise.

Cette logique serait à l’oeuvre dans toutes les organisations, même celles considérées comme hautement éthiques. Le problème est réel, selon les auteurs de l’étude, qui relèvent que les comportements contraires à l’éthique ont tendance à empirer s’ils ne sont pas sanctionnés.

Viser le long terme

Pour lutter contre ces comportements malhonnêtes, l’étude suggère de revoir les valeurs mêmes de l’entreprise et la relation qu’elle noue entre éthique et chasse aux profits. En particulier, elle propose de privilégier la profitabilité à long terme plutôt que les rentrées financières à court terme.

Selon les auteurs, cela permettrait aux employés de viser le bénéfice à long terme sur l’image et la position de l’entreprise. Les mauvaises pratiques seraient ainsi plus facilement dénoncées, même si elles mènent, provisoirement, au succès. Bien sûr, de tels comportements devraient être appuyés par la direction et les lanceurs d’alerte protégés de toute menace de rétorsion. Au final, c’est ce qui pourrait faire la différence entre «la stabilité et le scandale», estiment-ils.

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